mercredi 16 août 2017

Entretien avec un vampire

De nos jours, à la Nouvelle-Orléans, un jeune homme a été convoqué dans l'obscurité d'une chambre d'hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire.

Comme l'interviewer, nous nous laissons subjuguer, fasciner et entraîner à travers les siècles dans un monde sensuel et terrifiant où l'atroce le dispute au sublime.



Mon avis

Ce film a bercé mon adolescence. À l’époque, je ne savais pas qu’il était tiré d’un roman à la base. C’est plus tard que j’ai entendu parler d’Anne Rice, et que j’ai remarqué qu’elle avait beaucoup de succès. C’est Floandbooks qui m’a proposé une lecture commune sur ce livre, qui traînait dans ma PAL depuis de nombreuses années.

C’est au moment d’écrire ma chronique que je me rends compte que j’ai de la peine à mettre des mots sur mon ressenti. Pourtant, j’ai beaucoup aimé ma lecture. Mais j’ai de la peine à construire quelque chose.
En discutant avec d’autres lecteurs, j’ai appris que la version originale n’était pas super, et que pour une fois la traduction était même meilleure. Si vous l’avez lu en anglais, votre avis sur la question m’intéresse.

Pour ma part, j’ai trouvé cette version très immersive. Anne Rice nous fait ressentir toutes les émotions de ses personnages. On note surtout cet aspect de solitude extrême qui emprisonne Louis. La prestance de Lestat, et la malignité de Claudia. Tous trois sont différents et finalement s’apportent beaucoup.
Louis est très touchant mais parfois un peu niais. Sa condition de vampire n’est pas un choix, Lestat le transforme sans lui demander son avis. Il va subir son immortalité durant les trois quarts du roman. C’est d’ailleurs pour moi tout le but du roman, découvrir la vie d’un vampire qui n’aime pas sa vie de vampire. Beaucoup de choses dans cette nouvelle vie le répugnent, comme le fait de tuer des humains, de vivre autrement, tout simplement. Et de ne peut-être jamais connaître la fin. Vivre pour toujours et voir les gens autour de soi mourir. Ses lamentations s’étirent parfois sur plusieurs décennies, et à force, j’en avais un peu marre.
Lestat est encore trop flou. J’ai hâte de lire le roman qui lui est consacré. Dans ce premier tome, on le juge facilement comme étant le méchant vampire égoïste et sanguinaire. Pourtant, la fin nous laisse entrevoir un personnage différent. C’est pour découvrir ses différentes facettes que je veux lire Lestat le vampire. Il n’y a rien de mieux que de pouvoir découvrir des « méchants » sous un nouveau jour.  
Mon personnage favori aura été Claudia. Cette petite orpheline de 5 ans est trouvée par Louis, qui la boit jusqu’au seuil de la mort, mais elle résiste. Puis Lestat la transforme, pour qu’elle accompagne Louis dans sa solitude. Elle fait partie des vampires les plus complexes de tous, car son esprit va grandir dans un corps qui ne changera jamais. J’ai eu tellement de peine pour elle ! Se retrouver physiquement bloqué à l’âge de 5 ans, ce n’est pas la même chose que 14 ou 15 ans. Pour le commun des mortels, c’est une petite fille. Elle ne pourra jamais rien faire d’elle-même sans que cela paraisse suspect. Sa psychologie est folle et pleine de nuances. Malgré ses années de vampire qui avancent, je la voyais encore comme une fillette, alors qu’elle « grandit ». J'ai d'ailleurs apprit après ma lecture que ce personnage faisait référence à la fille d'Anne Rice qu'elle a perdu alors qu'elle avait 5-6 ans.

Ce que je retiens surtout de ma lecture, c’est cette facilité à nous transmettre les émotions des personnages. On se sent seul ou affamé durant notre lecture. Les ambiances sont très bien décrites également. Si bien que j’avais l’impression que la Nouvelle Orléans avait débarqué dans mon salon. Ou encore Paris.
J’ai passé un très bon moment de lecture. Il peut sembler un peu long, car c’est une narration assez atypique, vu que le personnage de Louis raconte dans un entretien sa naissance et vie de vampire.

À lire si les vrais vampires nous manquent.


Autrice : Anne Rice
Éditeur : Pocket
Collection : Best
Parution : octobre 1990
Pages : 443
EAN-139782266120180


lundi 14 août 2017

Vers le zéro déchet : dans la cuisine

La cuisine, c’est certainement l’endroit de la maison qui me pose encore le plus soucis à faire zéro déchet comme je le souhaite. Comme je vous le disais dans un précédent article, je ne vis pas avec quelqu’un qui se sent concerné ou a envie d’aller vers ce mode de vie. Dans la salle de bain, c’est chacun son lavabo et ses habitudes, par contre, à la cuisine, on n'est pas coloc', donc ce n’est pas chacun son placard et son étage du frigo. Mais comme toujours, allons-y progressivement, en remplaçant petit à petit certaines choses par du durable, fait maison et vrac.

Je tiens à préciser que nous ne sommes ni végétariens, ni végan, et que le contenu de nos placards et de notre frigo ne regarde que nous. Ce que nous mangeons aussi. On parle ici uniquement d’emballage.



Les sachets

Le supermarché regorge de paquets et sachets colorés qui donnent envie de tout manger. Mais alors, une fois terminé, aïe les emballages dans la poubelle ! Une barquette en plastique, dans un sachet en plastique, dans une boîte en carton. Pfiou ! Donc le premier geste aura été de passer au vrac. Mes bocaux et moi, on est partis chez Attout-Vrac faire le plein de farine, sucre, céréales, pâtes, riz, etc. On pèse le contenant vide, on note le poids dessus, on remplit et on donne au comptoir pour avoir le poids final et donc le prix. Facile. Une habitude à prendre quand on fait ses courses.
Pour les fruits et légumes, ça faisait un moment que j’avais abandonné les sachets en plastique pour mettre 4 pommes. Je prends mes pommes, je les mets en vrac sur la balance et je les range direct dans mon sac.

Les produits frais

C’est encore une étape où je suis à cheval. Autant j’ai testé et adopté les produits laitiers en vrac ou à verre consigné que je peux ramener au laitier, autant j’ai encore de la peine à prendre mon courage à deux mains et demander à ce qu’on me mette ma viande dans mon contenant. De plus, je fais rarement les courses seule. C’est souvent un moment familial, et souvent mon conjoint prend des produits emballés. Mais là aussi, je fais un effort. S’il ne veut pas prendre ses yogourts chez le laitier dans des verres consignés, je ne peux pas le forcer. Et pour l'instant je n'ai pas le courage de me lancer dans mes yogourts maison, mais ça viendra. 
Je pense que les concessions doivent être faites dans les deux sens. Il accepte qu’on achète nos pâtes et nos céréales en vrac. J’accepte qu’il prenne encore de la viande ou du poisson directement dans les frigos ou congélateurs des supermarchés. C’est un deal. Et par étapes, je commence à changer les choses. Les changements viennent avec le temps et les discussions. Et peut-être que dans une année, c’est lui qui ira chez le boucher avec son Tupperware.




Ce que j’ai dû apprendre à refaire, c’est être patiente. Quand on ne souhaite pas faire zéro déchet, c’est facile, on fait la liste de courses et on va au supermarché. Par contre, quand on veut éviter les emballages, il faut prendre son temps, au marché, dans un magasin en vrac, chez le boucher, chez le laitier, chez les producteurs du coin, etc. Ça demande vite du temps et des trajets qu’on ne faisait pas avant. Le but n'est pas de se rendre au bout du monde pour acheter sa nourriture. Heureusement je peux tout faire à pied, ou en bus, comme pour aller au supermarché. Maintenant il faut juste prendre le temps d'aller à plusieurs endroits différents pour que le panier soit totalement rempli. Mais c’est une habitude à (re)prendre. Avec cette façon de faire, je consomme plus consciemment aussi. Savoir d’où proviennent les aliments que je mange, maintenant c’est important pour moi.

Et ensuite ?

Aller chez le boucher et le fromager et oser demander à ce qu’on me mette les produits dans mes contenants. C’est une grande étape pour moi, car je suis souvent timide et gênée dans les magasins. Je ne veux pas contrarier, déplaire ou déranger. J’ose peu face à des gens que je ne connais pas. Mais ça viendra.
Pour le reste, ce n’est qu’une question d’affinement. La machine est déjà lancée quand on commence à mettre sa farine dans un bocal, et le reste se fait progressivement vous verrez.


vendredi 4 août 2017

Ma reine

Été 1965, vallée d'Asse en Provence. Shell est un jeune garçon qui ne sait que faire de sa vie. Il ne se rend plus à l'école, ce n'est pas son truc. Un jour, il se réfugie dans l'armée pour devenir un homme. Puis, il rencontre Viviane, avec qui tout est nouveau. Shell est en constant balancement entre l'envie de se réfugier dans l'enfance et de se confronter à l'âge adulte. Premier roman.


Mon avis

Dernier roman lu dans le cadre des Talents Cultura 2017, j’ai eu beaucoup de peine à me plonger dans Ma Reine de Jean-Baptiste Andrea. Problème de plume ou de personnage, je ne sais pas encore.

En 1965, Shell, 12ans, décide d’aller faire la guerre. Il sait que ses parents veulent se débarrasser de lui, car il a des retards à l’école, il n’y va d’ailleurs plus. Sauf que lui ne veut pas aller dans une école spéciale. Il veut faire la guerre. En chemin, il va rencontrer Viviane, une fillette de son âge, qui va lui faire croire à un monde imaginaire. Seule condition ? Il ne doit jamais partir à sa recherche…

Commençons par Shell. Être dans la tête d’un enfant de 12 ans qui souffre de retard mental n’est pas facile. J’ai pourtant déjà lu des romans avec des personnages comme lui, mais là, je n’ai pas réussi. Ce garçon est pourtant très touchant, à travers sa naïveté et ses croyances. Le gros problème, c’est Viviane. Cette fille est insupportable ! Elle mène son monde à la baguette, et malheureusement, on ne s’intéresse pas assez à elle pour comprendre pourquoi elle agit de la sorte. Si j’avais appris plus de choses la concernant, je suis sûre que j’aurais pu m’y faire. Mais là… elle m’a simplement agacée.
Il y a également beaucoup de métaphores que je pense ne pas avoir comprises. Le monde que voit Shell, comparé au nôtre, est différent.

Des fois, ça passe, et des fois, ça casse.

Mes lectures pour le comité des Talents Cultura sont maintenant terminées, et j’ai beaucoup aimé participer à ce projet. Je suis sortie de ma zone de confort, j’ai lu des titres de la rentrée, et ça me change un peu. J’aime beaucoup la littérature blanche, un peu moins les titres de la rentrée, pour lesquels j’ai souvent des préjugés. Grâce à ce comité, j’ai eu de belles surprises.   


Auteur : Jean-Baptiste Andrea
Éditeur : L'Iconoclaste
Collection : -
Parution : 30 août 2017
Pages : 240
EAN-139791095438403

mercredi 2 août 2017

Point Cardinal

Sur le parking d'un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses cheville : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable.
Laurent, en tenue de sport, a remis de l'ordre dans sa voiture. Il s'apprête à rejoindre femme et enfants pour le dîner.. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Laurent s'est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Sa vie bascule quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois dans le foyer qu'ils ont bâti ensemble. A son retour, Solange trouve un cheveux blond...


Mon avis

Deuxième lecture dans le cadre des Talents Cultura 2017, le roman de Léonor de Récondo me faisait très envie. J’avais déjà aperçu d’autres de ses œuvres qui m’intéressaient, comme Amours, que je prendrai prochainement pour compléter ma bibliothèque.

Dans Point Cardinal, l’autrice traite du sujet de la transidentité. Les différentes étapes de Laurent, un homme qui se sait femme. Le style est haché, sec, et sonnant. J’aime ce genre de romans, qui nous piétinent allègrement. Beaucoup de ses phrases m’ont fait l’effet de gifles. Dont une, que j’ai trouvée très forte et dure. Celle que va prononcer Thomas, le fils de Laurent, alors que ce dernier informe la famille de son identité : « Mon père est une pute ! »
Vous l’aurez compris, Léonor de Récondo ne prend pas de pincettes, elle y va franco et fait souvent mal. Mais soulève un sujet important : la transidentité. Comment faire quand un homme se sent femme et vice versa ? Quelles sont les étapes du changement et de l’acceptation ?

Pour éviter de me planter, je ne parlerai pas de ce que je ne connais pas. Ce roman est le premier que je lis sur le sujet, et pour être honnête, je connais très peu la littérature sur la transidentité. Vous serez d’ailleurs sûrement nombreux à me recommander des ouvrages, je les noterai certainement, je ne les lirai peut-être jamais, ou dans quelques années seulement. Mais faites-le. Donnez-moi vos meilleures lectures sur le sujet.

Laurent est parfois Mathilda. Une femme pleine de charme, blonde qui aime aller s’amuser au Zanzibar avec ses amies. Sauf que le reste du temps, il est Laurent. Père de famille, et employé de bureau. Il parle peu, et essaie de faire le moins de vagues possible. Sauf qu’un jour, sa femme va découvrir sa double identité, et là, c’est la dégringolade. Dans un premier temps, Solange, la femme de Laurent, veut qu’il aille voir un psy et qu’il soit guéri. Guéri ! Comment guérit-on de la recherche de soi ? Est-ce qu’on dit à un adolescent qui se cherche : tu vas guérir ne t’en fais pas ? Non, on finit souvent par se trouver, et les choses vont ensuite beaucoup mieux. Laurent aurait pu se laisser bouffer par cette guérison. Se laisser faire et ne jamais être celle qu’il est au fond de lui. L’autrice axe en grande partie son livre sur la bienveillance. L’acceptation commence par Laurent, puis sa famille, où tout ne va pas être facile. Puis viennent les voisins et les collègues de bureau. Comment réagir quand un collègue arrive du jour au lendemain habillé en femme ? J’ai trouvé certains aspects de ce livre peut-être trop faciles. Mais je rappelle que je ne m’y connais que très peu dans le domaine, je ne m’avancerai donc pas plus sur la facilité ou difficulté d’un changement de sexe, d’un changement d’identité.

Ce que je retiens surtout, c’est une plume merveilleuse ! Qui m’a charmée dès les premières lignes. Léonor de Récondo m’a fait vibrer, m’a broyée et m’a fait vivre une expérience de lecture unique. On est saisi par sa franchise de style, ses mots bruts qui font parfois mal. Un bonheur de lecture ! Même si le sujet ne vous intéresse pas plus que ça, lisez-là. Ou lisez un autre de ses romans, juste pour découvrir une plume francophone qui a la niak.

Autour de ce style, on découvre une ambiance souvent neutre, qui pourtant nous fait plonger dans la psychologie intime de ces êtres à tous les niveaux. Entre le doute, la peur, le courage et l’amour, l’autrice nous projette dans la tête de ses personnages et nous fait ressentir chaque émotion à son maximum.



Autrice : Léonor de Récondo
Éditeur : Sabine Wespieser
Collection : -
Parution : 24 août 2017
Pages : 232
EAN-13 : 9782848052267


lundi 31 juillet 2017

Vivre le minimalisme, à deux

Vouloir aller vers un mode de vie minimaliste et/ou zéro déchet est une prise de conscience. On s’est posé des questions sur notre mode de vie, et visiblement il ne nous convient plus à 100 %, donc on décide de faire quelques changements. Si vous vivez seul, cet article ne vous concerne pas forcément, mais je remarque que vivre avec quelqu’un qui n’est pas dans la même optique que soi, ça peut des fois être un obstacle. Notre entente sur le sujet a été établie : de mon côté, j’achète comme je veux, et lui de son côté aussi.



Au départ, quand j’ai pris cette décision de vie, j’avais envie d’emmener tout le foyer avec moi. Mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas facile, et surtout pas sympa de ma part. Il ne m’empêche pas de faire du tri, donner, vendre ou acheter avec le moins d’emballages possible, mais il n’a pas envie d’entrer dans ce mode de vie pour l’instant. Et j’ai décidé de le respecter. Je pense que ma première méthode aurait été complètement utopique, on ne fait pas changer le mode de vie de quelqu’un comme ça. Peut-être qu’il ne voudra jamais être minimaliste ni zéro déchet. J’ai d’abord cru que sa manière de vivre ne me permettrait pas de changer la mienne. Si lui accumule des choses, comment moi pourrais-je vivre de façon minimaliste, ou en tout cas désencombrer davantage ? En faisant des concessions. En prouvant que certains objets n’ont aucune utilité. Mais surtout, en laissant le choix à l’autre de garder ce qu’il souhaite garder.

De mon côté, je désencombre ce qui m’appartient, et dont j’étais la seule à porter de l’intérêt : certains éléments de déco, des cosmétiques, des vêtements, chaussures, fournitures de bureau. Pour le reste de la maison, je lui demande toujours son avis. « Est-ce que cet objet t’est utile ? Penses-tu l’utiliser dans les prochaines semaines ? » Si la réponse est non, je décide de le donner, si la réponse est oui, je le laisse à sa place, et repose ma question quelques mois plus tard. Au bout d’un moment, la réponse passera de oui à non, et cet objet quittera notre foyer. Moins vite que ce que j’avais prévu au départ. Mais des fois, certains objets vont finalement trouver leur utilité pour toute la famille, on les avait juste un peu oubliés.

Forcer quelqu’un à faire comme nous est le meilleur moyen de le braquer. Je sais que parfois c’est difficile, car on aurait envie que toute la maison fonctionne sur le même mode, avec les mêmes idées, mais ça n’est pas toujours possible. Autant prendre un peu sur soi, et comprendre l’autre.
Il ne me force pas à revenir à mon ancien mode de vie. Je ne le force pas à vivre de la même manière que moi. Ça me semble aujourd’hui évident.

jeudi 27 juillet 2017

Ces rêves qu'on piétines

Allemagne, avril 1945. Les parcours croisés de Magda Goebbels, femme la plus puissante du IIIe Reich, et d'Ava, trois ans, enfant du KZ-Bordell d'Auschwitz. Tandis que les alliés progressent, la première s'enfonce dans l'abîme de la folie nazie et la seconde, miraculée de l'horreur, tente d'échapper à son destin. Premier roman.


Mon avis

Talents Cultura 2017 encore, j’ai découvert le roman historique de Sébastien Spitzer totalement par hasard, car il n’était pas prévu dans mes lectures, à la base. Le roman que je devais lire n’arrivant pas, Cultura m’a proposé celui-ci, qu’ils avaient en numérique. En avant la découverte ! Et je suis très heureuse de l’avoir lu.

L’auteur va nous faire découvrir les derniers jours de Magda Goebbels, modèle de mère aryenne du IIIe Reich. En parallèle, nous allons rencontrer Ava, une petite fille de 3 ans qui a survécu aux camps de concentration et qui va rencontrer la photographe de guerre Lee Miller. Les deux personnages féminins sont à l’opposé l’une de l’autre, et c’est ce qui rend ce roman si percutant. Si certains passages sont romancés, d’autres sont fidèlement retranscrits.
Sébastien Spitzer nous fait à la fois entrevoir l’horreur et l’espoir.

Magda est un personnage terriblement fascinant. Assoiffée de pouvoir, femme du Gauleiter Joseph Goebbels avec qui elle aura 6 enfants, et proche du Führer, elle cache pourtant de nombreux secrets. Comme l’identité de son père adoptif, ou encore celle de son premier amour, qui la rattacherait à trop de noms juifs. Son fanatisme pour le nazisme va la pousser à commettre le pire : tuer ses 6 enfants, dans le bunker. La scène est saisissante tellement elle fait froid dans le dos. Comment une mère, soi-disant modèle, peut-elle faire une chose pareille ? Préfère-t-on tuer ses enfants, plutôt que de les voir vivre dans un monde qu’on pense atroce ? Selon sa dernière lettre, laissée pour son fils aîné issu d’un premier mariage, c’est visiblement ce qu’elle pense. Le monde qui viendra après la Seconde Guerre mondiale ne vaut pas la peine d’être vécu. Depuis la fermeture de ce roman, Madga me hante. Au point où beaucoup de mes recherches Internet portent son nom. On ne peut pas entrer dans la tête de quelqu’un, et pourtant j’adorerais connaître le fond de sa pensée. Les émotions qui l’ont traversée lors de ces moments fatidiques.

Le roman est entrecoupé de lettres, celle d’un père à sa fille. Elles font référence à Richard Friedländer, son père adoptif. Si le contenu des lettres est romancé, le fond est lui historique. L’horreur des camps et l’acharnement des SS sur les corps décharnés. L’importance et le symbole que l’auteur va donner à ces lettres nous remue les tripes. Quand les derniers mots en italique arrivent, les larmes sont au bord des yeux.

Mais heureusement, dans cette noirceur, nous suivons également Ava, petite fille née dans un camp de concentration et protégée coûte que coûte par sa mère. Elle qui s’est cachée toute sa vie, après la libération, elle va devoir continuer à fuir pour essayer de survivre, pour peut-être enfin vivre un jour. Le courage d’une enfant qui n’a connu que la faim et la peur est bluffant. Le parallèle entre les deux portraits de mère que dresse l’auteur est fascinant. L’une tue ses enfants bien vivants, tandis que l’autre fait passer sa fille pour morte pour la faire vivre.

Ce roman aura été un régal ! Dévoré en une journée, il m’a fait trembler et pleurer. Un très bon cru pour cette rentrée littéraire 2017. Rien que d’y penser, je ressens à nouveau le froid glacial des camps ou l’odeur de renfermé du bunker. Si vous cherchez un roman historique immersif, celui-ci a tout pour plaire.


Auteur : Sébastien Spitzer
Éditeur : L’Observatoire
Collection : -
Parution : 23 août 2017
Pages : 308
EAN-139791032900710

jeudi 20 juillet 2017

Vers le zéro déchet : dans la salle de bain

Nous y voilà enfin ! Je me tâtais sur le sujet que j'aborderais pour la suite de mon cheminement vers le zéro déchet. Et finalement, il me suffisait de rester dans la salle de bain. Car c’est dans cette pièce que j’ai pris le plus rapidement la décision de réduire mes déchets, il y a plus d’une année maintenant. Je le soulignerai dans chaque article, mais comme pour chaque pièce, ou étape dans ce mode de vie minimaliste et/ou zéro déchet, il est important de prendre son temps. D’y aller par petites étapes et d’apprivoiser les changements. Chacun son rythme et chacun son cheminement. Voilà par quoi j’ai commencé :

Shampoing, après-shampoing, gel douche et nettoyant visage industriel

Depuis que je suis passée à la coloration végétale il y a deux ans pour mes cheveux, je n’avais pas trop le choix. Le shampoing chimique et industriel risquait juste d’abîmer les bienfaits du végétale. Et croyez-moi, des tests de shampoings et de moyens de lavages, j’en ai faits ! J’ai testé des produits de toutes sortes (liquide, solide, no-poo, etc.). Mon choix final est le shampoing solide, définitivement. Pratique pour les voyages, pratique dans la salle de bain, et selon lequel on prend, juste parfait pour les cheveux. Je me suis enfin arrêtée sur LE shampoing, celui de Bionessens.
En même temps, j’ai décidé d’arrêter de me laver avec des gels douche, et suis passée au pain de savon. Avantage, avec le shampoing Bionessens, je fais tout avec. Cheveux, corps et visage. Un produit solide tout-en-un, qui me fait enlever de ma salle de bain : le gel nettoyant visage, le gel douche, le shampoing et l’après-shampoing. Quatre bouteilles/tubes en moins.

Coton jetable

Juste après, je suis passée au carré en tissu, coton, réutilisable. Mon choix s’est porté sur ceux de la marque Lestendances d’Emma, trouvée au printemps 2016 chez Nature et Découverte. Depuis, ils tiennent le coup. Je les utilise tous les jours pour appliquer mon eau florale et avant ça mon démaquillant ou eau micellaire. Ils sont vendus dans une petite pochette, et il y a également un filet de lavage. On met les sales dans le filet, le filet à la machine avec le reste et hop, ils ressortent toujours très bien.



Crème hydratante, démaquillant et lait pour le corps

J’étais une fan de crèmes. Pour le visage, le corps, les mains, bref, j’adorais en tester des nouvelles. Et malheureusement, j’étais assez faible, et craquais souvent pour les tendances. Il suffit qu’une crème pour les mains ait un packaging de Noël et j’ai du mal à me retenir. Mais je voulais toujours plus bio, plus clean, moins toxique, chimique, etc. Et finalement, je me suis décidée à utiliser des huiles végétales, que j’achète soit en grande bouteille d’un litre, et selon l’utilisation elles peuvent durer un moment, soit que je prends en vrac directement dans mes contenants. On peut en employer de toutes sortes, selon notre type de peau, je vous conseille de fouiller un peu, vous renseigner sur différents sites, dans différents ouvrages pour savoir lesquelles sont adaptées pour vous.
Le démaquillant et la crème pour les mains ont été remplacés par de l’huile végétale eux aussi. Et l’eau micellaire par de l’eau florale, que je peux remplir en vrac également.

Le parfum

Là, c’était un petit casse-tête. J’aime beaucoup mon parfum, depuis de nombreuses années. Mais il coûte cher. En grande partie à cause de sa marque, je pense. Et même si on n’utilise pas son parfum à la même vitesse qu’un tube de crème, si je pouvais trouver un moyen de faire mieux, autant le faire. Et c’est en farfouillant dans ma ville que je suis tombée sur une petite boutique de produits divers, Kokym. Et là, bonheur, elle fait des parfums en vrac. Il suffit de choisir, on remplit une petite bouteille avec un vaporisateur de parfum, et on peut venir le remplir une fois terminé.

Déodorant

Là encore, casse-tête. Je ne suis pas forcément très DIY, et si une recette possède trop d’ingrédients, je baisse les bras. J’ai bien testé le déo solide de Lamazuna, mais je ne suis pas vraiment à l’aise avec. Mais dernièrement, j’ai fait une belle découverte : l’huile essentielle de Palmarosa. Un déo parfait, qui en plus sent divinement bon et frais. Il n’empêche pas de transpirer, mais honnêtement, ça n’a jamais été terrible pour l’organisme de stopper la transpiration. Par contre, il délivre une super odeur quand on commence à avoir chaud sous les aisselles. Au revoir l’odeur de transpi, et bonjour la belle odeur fruitée.

Baume à lèvres et gommage

Ceux-là par contre, je les fais maison. La recette n’est pas compliquée en même temps. Pour le baume à lèvres, j’ai suivi celle-ci. J’ai gardé mes anciens tubes vides, et hop je remplis, ça se solidifie et mes lèvres restent toutes douces. Et pour le gommage, rien de plus simple, on trouve pleins de recettes faciles sur le net, avec des ingrédients de nos cuisines. Faire attention selon son type de peau toutefois.

Et ensuite ?

J’ai envie d’essayer/adopter le dentifrice solide pour me débarrasser de mes tubes. De fabriquer certains produits de maquillage maison, pour éviter de jeter un énième tube de mascara ou de rouge à lèvres. Je ne suis pas très make-up, mais j’ai mes petits chouchous. Un rasoir en inox pour arrêter de jeter les têtes jetables du mien.

Je me suis par contre totalement débarrassée de certaines choses, sans les remplacer par d’autres, en les donnant : mes vernis à ongles, mon sèche-cheveux, mon fer à lisser et la laque pour les cheveux.

Voilà un premier coup d’œil dans ma salle de bain, qui progresse gentiment vers le zéro déchet. C’est dans cette pièce que j’ai eu le plus de facilités. Et dans laquelle, déjà maintenant, je me sens bien mieux avec les produits et la façon dont je les utilise. Comme vous pouvez le lire, certaines choses restent à faire. Mais comme j'aime le répéter, allons-y tranquillement. 


lundi 17 juillet 2017

Gloria

"Une lueur rase les sommets au loin. Quelques phares croisés les éblouissent.
- Ca m'étonnerait beaucoup que t'es ma mère, déclare Jamie.
- Pourquoi ?
- Une mère a pas le temps de se balader. Elle travaille.
- Qu'est-ce que t'en sais ? T'en connais beaucoup, des mères ?
- Tu vois, ça, une mère le dirait pas.
- Moi aussi je travaille. Là, je suis en vacances.
- Et tu fais quoi comme travail ?
- Actrice."
 

Mon avis

Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi et à Martine Pouchain pour son petit mot en dédicace, qui m'a beaucoup touché. Coup de cœur pour Dylan Dubois l'an dernier, nous avons décidé avec Virginie de retenter la lecture commune sur ce nouveau titre de l'autrice.

Gloria est une jeune fille pleine de rêves, une jeune femme brisée, une femme décidée. Nous la rencontrons à 17 ans, dans une famille qui ne l'aime pas. Sa mère reste endeuillée par la mort de son fils Nicolas. Son père est absent, même quand il est à la maison. Sans trop se poser de questions, Gloria s'en va, chez son prof de théâtre au début, qui va lui faire découvrir tant de choses, mais qui va également lui faire beaucoup de tort. Elle se retrouvera ensuite à Los Angeles, Hollywood, à essayer de percer dans le milieu du cinéma. Jusqu'à ce que son passé lui revienne en pleine face ! Lui commande de tout quitter, pour commettre l'impensable.

Elle est butée, bornée, entêtée et plus encore ! Mais je l'ai tellement aimée. Pourtant, elle n'a pas qu'un défaut et elle ne fait pas toujours les bons choix. Comme nous. Je me suis sentie proche de Gloria, car elle représente toute la complexité que renferme l'être humain. Son égoïsme lui apportera du bon, sur le long terme. Mais son esprit revêche va lui faire prendre des sentiers dangereux. J'ai eu peur, parfois. Je ne voulais pas qu'elle finisse dans le mur. Elle m'a à la fois agacée et contentée. Car sa prise de conscience n'est pas classique, qu’elle aura des répercussions et que ça pourrait faire très mal.
Heureusement, dans son inconsciente aventure, elle aura souvent de la chance. Les choses auraient pu nettement moins bien se passer. Mais, on est content de voir que la vie n'est pas toujours une peau de vache.

Ce roadtrip m'aura bien fait vibrer. Gloria n'entreprend pas le même voyage que Dylan Dubois, mais finalement les deux se répondent. Chacun se cherche et décide de mettre les voiles pour se trouver. Il y a une belle prise de conscience de la part de Gloria. Elle va souvent morfler et racler le bitume avant de se relever, confiante et prête à se battre à nouveau.
Ce fut un plaisir de suivre son voyage, de découvrir des endroits qui font rêver et qu'on a envie de visiter nous aussi. J'adorerais aller passer quelques jours à l'hôtel de la Sardine, manger la tarte à l'oignon de Kathryn et prendre le temps. Se couper de tout et profiter de chaque instant. L'ambiance aura été parfaitement retranscrite, pour me donner cette sensation d'y être.

L'épilogue fait du bien, et rassure. 


Autrice : Martine Pouchain
Éditeur : Sarbacane
Collection : Exprim'
Parution : 3 mai 2017
Pages : 224
EAN-13 : 9782848659398
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