vendredi 17 mars 2017

Le goût du bonheur, tome 2 : Adéläide

Les étés immuables sur l'île québécoise d'Orléans sont à jamais perdus. La guerre et les réquisitions ont dispersé la plupart des hommes. Et le destin s'acharne sur Adélaïde, désormais épouse du brillant Nicholas McNally sans cesse menacé par la démence de sa propre soeur. Adélaïde, elle, reste droite malgré tous les déchirements qui l'assaillent. Si la jeune femme conserve le goût du bonheur en pleine tragédie, c'est à Florent qu'elle le doit, cet ami de toujours dont la tendresse défie les années. Pour combien de temps encore ?


Mon avis

Peut contenir des spoilers concernant le tome précédent Le goût du bonheur, tome 1 : Gabrielle.

Si j’ai lu le premier tome au ralenti, j’ai dévoré la suite de la trilogie de Marie Laberge : Le goût du bonheur. Ces romans auront ma peau. J’ai terminé Adélaïde un dimanche soir, et j’étais en larmes. Cette fin est insupportable. Déchirante. Pire que celle du premier tome !

Comment revenir sur ce second volume ? Premièrement, il ne possède pas ce fameux bémol que je souligne régulièrement, ce n’est pas un tome passerelle. Il possède sa propre intrigue, ses moments de doute et de joie. Marie Laberge m’impressionne toujours avec sa plume, mais également avec ses personnages certes nombreux, mais tous attachants. Souvent, je galère quand il y a trop de personnages, mais ici, impossible de se tromper ou de confondre. Chacun possède son rôle, et on s’attache à tout le monde. L’autrice fait évoluer son histoire sans heurt, alors que la fin du premier tome était difficile, autant pour les personnages que pour les lecteurs.

Au début, Adélaïde est en proie à de nombreux doutes. Elle doit affronter la colère de son père. Faire le deuil de sa mère, et se consoler du départ de son amant. L’enfant qu’elle porte alors aurait pu la détruire socialement à jamais. C’était sans compter sur le dévouement de Nic, qui la prend sous son aile. Quand on y repense, Adélaïde a beaucoup de chance. Et pourtant, elle va traverser de nombreuses épreuves. Je pourrais parler de cette femme pendant des heures. Elle est tout ce que j’admire. Adélaïde croit en ses idées et se bat pour qu’on l’écoute et qu’on la respecte. Dans une société qui prône le savoir-vivre, elle est je trouve la plus tolérante et ouverte d’esprit. Malheureusement, elle est la victime de beaucoup de préjugés, alors qu’elle est la première à défendre les droits de femmes et à refuser certaines coutumes religieuses qui condamnent les pêcheurs sans raison valable. C’est naturellement qu’Adélaïde fait face à tout ça, enceinte, et ensuite mère avec un mari parti à la guerre.

Plusieurs choses m’ont marqué dans ce roman. J’en parle plus haut, mais notamment le décalage entre la vraie vie et la politique ecclésiastique. On sent que l’église n’est plus à sa place, et n’évolue pas assez comparé au monde. En Europe, la guerre fait rage, et les personnages de Laberge s’insurgent contre cet acharnement qu’a Hitler sur les juifs. Que ce soient les personnages croyants et non croyants, chacun possède sa part de vérité, chacun va expliquer à l’autre son ressenti. C’est une ouverture d’esprit assez grande pour cette époque de trouble.
La seconde chose qui m’a marqué, et qui marque Florent dans le roman également, c’est la proximité entre les riches et les pauvres. D’une rue à l’autre, on dégringole d’une classe sociale à une autre. Les riches sont très riches, tandis que les pauvres ne peuvent pas se chauffer l’hiver. Et le personnage de Florent est le plus légitime pour ressentir cette différence. Il est conscient de sa chance, mais refuse beaucoup du luxe qu’on lui offre. Tout ça le dérange. Et va nous déranger, nous lecteurs, également.
Et bien sûr, comment parler de ces romans sans parler des femmes ? Gabrielle avait allumé la mèche dans le premier tome, sa fille reprend parfaitement le flambeau et transforme une petite flambée en feu de joie ! Son tempérament est une véritable révolte pour de nombreux personnages masculins. Qui se sentent dépassés par cette femme sûre d’elle et pleine d’idées pour l’entreprise qu’elle gère à la place de son mari. Nic peut d’ailleurs recevoir une médaille pour son comportement envers sa femme, pour l’époque à laquelle ils vivent. Ces couples (j’avais déjà souligné l’avancée de celui de Gabrielle et Edward dans le premier) sont avant-gardistes. Ils veulent prouver que l’homme et la femme sont sur un pied d’égalité. Et ça fait du bien.

Comme pour Gabrielle, Marie Laberge ajoute beaucoup de cachet à son histoire en passant avec aisance d’un personnage à un autre. On navigue de page en page sans jamais se lasser. Ça coule de source. Tout est calme et plat, on prend plaisir à suivre ces personnages attachants, quand soudainement une énorme vague vient tout ravager, et bien sûr, c’est toujours sur les dernières pages que cette vague arrive. Nous laissant dans un état à la limite de l’inconscience. Elle m’a ravagé le cœur ! Si le troisième tome poursuit et termine sur cette lancée, cette trilogie aura pour sûr mon coup de cœur ! Le deuxième l'a déjà en tout cas, impossible de ne pas le lui attribuer.


Autrice : Marie Laberge
Éditeur : Pocket
Collection : Best
Parution : 3 mai 2007
Pages : 949
EAN-13 : 9782266167611


mardi 14 mars 2017

La langue des bêtes

Il était une fois un vieux chapiteau de cirque à l'orée d'une forêt sombre et profonde : c'est là que vit la Petite avec sa famille, une ancienne troupe de saltimbanques. Depuis très longtemps ils ne donnent plus de spectacle, mais ils tissent autour de la gamine un cocon protecteur d'histoires et de légendes.

Un jour, un chantier gigantesque vient tout bouleverser : le campement va être rasé et la Petite est envoyée à l'école du village. Elle va alors faire appel aux forces obscures de la forêt pour tenter de sauver les siens.

Dans la lignée du Coeur des louves, son précédent roman, Stéphane Servant nous raconte une fable envoûtante. Au travers du regard décalé d'une enfant sauvage, fille d'une funambule et d'un ogre, il nous convie à croire à la magie des histoires.


Mon avis

Après un gros coup de cœur pour Lecœur des louves, j’attendais beaucoup de ce nouveau roman de Stéphane Servant. Il me l’avait d’ailleurs spécialement dédicacé.
Je suis entrée dans cette histoire avec la même envie de découvrir cette magie mystique qui habitait les personnages de son précédent roman. Il y avait un véritable message pour moi.

Le style de l’auteur ne change pas beaucoup ici. Toujours cette barrière très floue entre la magie et le réel. On se demande toujours ce qui est vrai, et ce qui n’est qu’une métaphore. Petite et les membres du cirque jouent beaucoup sur ces légendes, qu’ils racontaient durant leurs représentations. Encore une fois, j’ai trouvé la plume très poétique, et en accord avec l’histoire. Malheureusement, je n’ai pas ressenti le même frisson que pour Le cœur des louves. Étrangement, j’ai trouvé cette histoire trop compliquée, avec beaucoup de métaphores, pas toujours évidentes à deviner. On avance justement toujours dans un gros brouillard, sans trop savoir ce qui est vrai ou faux.

Petite est le personnage le plus touchant. La plus honnête aussi, finalement. Celle qui colle le mieux à son environnement. Elle n’a toujours connu que ce terrain vague où le cirque a élu domicile avec ses caravanes depuis des années, depuis sa naissance. Elle est à moitié sauvage, car elle n’a connu que cette manière de vivre. Je n’ai rien ressenti de spécial la concernant, je me sentais très distante d’elle, ou des autres membres du cirque. Mais elle est la plus fidèle de tous les personnages. Celle qui croit jusqu’au bout à la Bête, qui essaie le plus de choses pour sauver les siens. Donc même si je me suis sentie très éloignée d’elle, elle a tout mon respect et je la trouve très humble finalement, car sincère envers elle-même et ceux du cirque. Contrairement au reste de la troupe, qui s’est, pour moi, tellement caché dans ses mensonges qu’il ne voit plus la vérité. Leur manière de faire trop vivre ces légendes jusqu’à l’excès ne m’a pas convaincu. Je ne comprenais pas l’avantage qu’ils en tiraient. Leur vie est difficile, pleine de mensonges et de zones d’ombre.

Il y a presque plus de magie dans ce roman, que dans le précédent. C’est peut-être ce qui m’a perdu au bout d’un moment. Je ne voyais pas où voulait aller l’auteur. Il y avait beaucoup de mystère pour peu de choses finalement. Des états d’esprits très embrumés. L’histoire de la bête m’aura laissé de marbre, jusqu’au bout je crois ne pas avoir compris sa référence, l’image qu’elle est censée renvoyer.

Dommage, car j’étais bien partie. J’essayerai sans doute autre chose de cet auteur, car sa plume m’avait vraiment charmée dans Le cœur des louves, faisant de ce roman mon favori de 2016. Mais voilà, ça ne peut pas marcher à tous les coups.


Auteur : Stéphane Servant
Éditeur : Le Rouergue
Collection : -
Parution : 19 août 2015
Pages : 443
EAN-13 : 9782812609268  

dimanche 12 mars 2017

On regrettera plus tard, De tes nouvelles



Cela fait bientôt sept ans qu'Éric et sa petite Anna Nina sillonnent les routes de France. Solitude choisie. Jusqu'à ce soir de juin, où le vent et la pluie les obligent à frapper à la porte de Valentine. Un orage peut-il à lui seul détourner d'un destin que l'on croyait tout tracé ?

Avec la vitalité, l'émotion et la générosité qui ont fait l'immense succès de Juste avant le bonheur et Parc avec lui, Agnès Ledig explore les chemins imprévisibles de l'existence et du coeur. Pour nous dire que le désir et la vie sont plus forts que la peur et les blessures du passé.


Mon avis

Comme j’ai lu ces romans à la suite, je me suis dit qu’en faire une seule chronique serait beaucoup plus simple (et m’éviterait de me mélanger les pinceaux aussi). Si j’ai enchaîné ces deux lectures, c’est parce que j’ai rencontré l’autrice, Agnès Ledig, le 27 février dernier à Paris pour une interview. Novice dans l’exercice, j’étais un peu stressée, et Agnès m’a immédiatement mise à l’aise. Et ses réponses (que vous retrouverez en bas de l’article) m’ont vraiment apaisée. C’est une femme pleine de sagesse et de bienveillance. Et ses romans reflètent parfaitement cet état d’esprit.

Dans On regrettera plus tard, Valentine va accueillir Eric et sa fille Anna-Nina durant une nuit d’orage. La petite a de la fièvre, et a besoin de soins. À partir de cette rencontre, les personnages vont se tourner autour et apprendre les uns des autres.
Agnès Ledig, comme elle le dit si bien, s’intéresse toujours aux destins écorchés, pour avoir quelque chose à raconter. Valentine est une femme qui ne trouve pas chaussure à son pied, et qui comble beaucoup de choses grâce à sa créativité. Ce personnage m’a vraiment fait sourire, elle a toujours quelque chose à faire, et ne se pose que rarement. Une femme pleine de ressources et d’entrain. Quand Eric débarque, elle est un peu brusque avec lui, et n’hésite pas à proposer à Anna-Nina de découvrir des choses qu’elle ne connaît pas, sans forcément en parler à son père avant. Sur le moment, je la trouvais trop speed, à toujours aller très vite, à suggérer mille choses différentes.
Eric, quant à lui, voyage à travers le pays avec sa fille depuis qu’elle a 2 mois. Père et fille sont seuls, et vivent très bien ainsi, dans une roulotte tout confort et aménagée de manière à ne jamais manquer de rien. Ce soir d’orage l’aura pris de court. Enfermé dans sa routine et son duo avec sa fille, il n’apprécie pas vraiment les changements que leur apporte Valentine. Il est casanier et grognon, mais je pense que c’est le personnage dont je me suis sentie le plus proche, car son passé le hante, et sa vie de bohème lui convient parfaitement. Alors, pourquoi changer ?

Comme toujours, l’autrice met en lumière les forces et les faiblesses de chacun. Y mêle des histoires du passé. Des moments tendres et merveilleux. Elle le fait si bien, qu’on pourrait se demander si une vie comme ça existe réellement. J’adorerais vivre comme Valentine et son voisin Gustave. Ils vivent avec peu de choses, mais sont riches à l’intérieur. Chacun apporte sa pierre à l’édifice et ils sont heureux ainsi. Grâce à leur simplicité de vie. Agnès me disait durant notre rencontre que « chacun peut faire sa part », personne ne peut arrêter le conflit en Syrie, mais avec nos moyens, faisons ce que l’on peut dans notre entourage et à notre échelle. Grâce à ses mots, je comprends encore mieux ses romans, que l’on pourrait qualifier de « trop tendres » - « peu réalistes », mais je trouve que grâce à ses histoires, elle apporte de la joie et de l’espoir à des lecteurs qui n’en avaient peut-être plus. 


Autrice : Agnès Ledig
Éditeur : Albin Michel
Collection : Romans français
Parution : 2 mars 2016 et 1er mars 2017
Pages : 310 et 342
EAN-13 : 9782226320933 et 9782226396358


vendredi 10 mars 2017

La peur



C’est quelque chose d’assez commun ; avoir peur. On peut être tétanisé à l’idée de prendre l’avion, ou d’affronter l’araignée qui se tapit dans le coin de la chambre. On a tous peur de quelque chose. Mais la peur d’aujourd’hui, c’est une peur liée à notre société. Celle qui te ronge quand tu approches de la boîte aux lettres. Celle qui te tord l’estomac quand tu lis un courrier incompréhensible, parce que ça vient de l’État, donc on utilise un vocabulaire d’État, donc tu n’en comprendras pas la moitié, débrouille-toi. Une autre enveloppe avec un bulletin de versement ? Un montant à payer ? Dans le doute, je le paie avant de savoir exactement ce que c’est, comme ça je ne risque rien. Peur de téléphoner. De recevoir des appels de numéros inconnus. Peur des titres de mails. De lire ces mails. D’écrire un mail, pour poser une question. Demander un renseignement. Peur de ne pas savoir ce que je veux dans la vie. De ne pas oser faire certains choix. Peur de faire faux. De paraître bête de ne pas savoir. La liste est longue.

À 20 ans, je me disais que c’était normal d’avoir peur. J’entrais tout juste dans ma vie d’adulte, en quittant la maison de papa-maman. Remplir des papiers, payer des factures, faire des demandes et passer des coups de téléphone de grands, je pensais que c’était une habitude à prendre. Six ans plus tard, j’ai toujours peur. Alors je repousse, je me dis que si c’est fait demain, ça ira aussi. Et le lendemain, je recommence. Et un jour où je suis plus courageuse, je prends tout ça, et je règle tout. Sur le moment, je me sens bien, et grande, et invincible. Mais après, tout reprend comme avant. Et j’ai de nouveau peur.

Certains articles parlent de phobie administrative. Traitant les personnes atteintes de fainéants, ou encore de radins. Et si c’était simplement des gens effrayés par tout ce qu’il faut faire, et connaître des choses comme si ça coulait de source ? À quand des cours obligatoires à l’école (CO, Lycée, qu’importe le pays dont vous venez), qui apprennent enfin aux jeunes ce qu’ils devront faire après, quand ils n’auront plus papa ou maman pour les aider. Car non, tous n'ont pas ma chance d'avoir leurs deux parents prêts à les écouter et à leur venir en aide.
Leur apprendre à comprendre les courriers importants. Je ne suis pas une personne désorganisée, j’ouvre, je traite, je classe, mais je n’en reste pas moins effrayée. Je me réveille tôt le matin, la peur au ventre, pensant aux choses qui m’attendent aujourd’hui. Vais-je enfin rédiger cet email pour demander un virement ? Oui c’est sur ma liste depuis 15 jours. Mais aujourd’hui, c’est la bonne ! Ou demain ?

mercredi 8 mars 2017

La dernière réunion des filles de la station-service

Maintenant que la dernière de ses filles a convolé en justes noces, Sookie peut enfin s'autoriser à ne rien faire. À presque 60 ans, il serait temps ! Seulement, une lettre livrée par erreur vient soudain bousculer son paisible programme. S'y étale, noir sur blanc, le mensonge de toute une vie...

Mise sur la piste d'une mystérieuse vieille dame, femme libre et héroïne de guerre, Sookie retrace à tâtons le fil de son histoire. Ses pas la mèneront à une lointaine station-service du Wisconsin où l'attendent un autre passé et, peut-être, un nouveau départ...


Mon avis

Quand on termine Beignets detomate verte de la même autrice, on a ensuite très envie de lire ses autres romans. Charlotte m’a offert il y a quelques mois La dernière réunion des filles de la station-service, et m’a proposé de le lire en lecture commune avec elle. Je la remercie chaleureusement pour son présent et pour cette lecture.

J’aime beaucoup Fannie Flagg. Déjà dans Beignets de tomate verte, elle avait su me surprendre avec une thématique et des personnages hors du commun. Dans ce roman, on retrouve une ambiance un peu similaire. Un personnage du présent se voit renvoyer dans le passé à travers une lettre et des révélations sur sa famille. Un quotidien routinier se fait soudainement chambouler. Et une vie est sur le point de changer à jamais.
La plume de l’autrice est toujours très précise. Prenant son temps pour nous amener gentiment à travers son intrigue. Malheureusement, le résumé en dit trop, et on se doute de l’annonce bien avant qu’elle n’arrive. Il faut que je continue à ne pas relire les résumés avant ma lecture.

Sookie est une femme au foyer qui vient enfin de marier la dernière de ses trois filles. Âgée d’une soixantaine d’années, Sookie va enfin pouvoir profiter de son temps, et s’occuper de ses oiseaux. Son plan aurait été parfait si sa mère, Lenore, n’était pas une femme fantasque, prête à tout pour se faire remarquer. Elle fait tourner sa fille en bourrique et n’hésite pas à prendre toute la ville comme témoin.
L’histoire aurait pu se poursuivre comme ça jusqu’à la fin. Sauf qu’un jour, quelque chose va venir bouleverser la vie bien tranquille de Sookie. D’abord dévastée, cette dernière va finalement s’y faire et utiliser cette nouvelle de la manière la plus positive possible.
Sookie est un personnage très fade au départ. Comme Evelyn dans Beignets de tomate verte, mais elle va connaître une belle évolution et à travers son histoire et le passé, apprendre à se dépasser. Toute sa vie, elle n’aura fait que ce qu’on attendait d’elle : être une bonne épouse, une bonne mère, et enfin une bonne fille. Demandez à n’importe qui ce qu’il pense de Sookie, il vous dira qu’elle est gentille. Et c’est tout. Sookie est gentille, et se fait marcher sur les pieds par sa mère. Mais s’il n’y avait que ça ! Sookie est également très fade, comme je le disais au début. Elle ne décide jamais de rien, veut tellement bien faire qu’elle ne fait pas. Et quand elle entreprend enfin quelque chose, elle se demande d’abord si quelqu’un, quelque part en ville ne sera pas contre son idée. Elle est toujours en train de douter de tout, d’avoir peur de ce que les gens pourraient penser d’elle. Enfin libérée de beaucoup de choses, on pourrait croire que la belle vie s’offre à elle, sauf qu’elle a tellement peur qu’elle ne profite même pas. J’ai eu tellement de peine pour elle. Comme quoi, on ne devient pas forcément plus courageux avec l’âge. Heureusement, grâce à cette histoire, la petite chenille va devenir un magnifique papillon ! C’est une merveilleuse revanche que prend ce personnage, sur la vie et sur son passé.

En parallèle, dans les années 40, nous rencontrons Fritzi et ses sœurs. Tout l’inverse de Sookie. Des femmes contre les carcans et prêtes à défendre leur pays durant la Seconde Guerre mondiale. Des personnages intemporels et plein de courage. Imprudentes des fois, mais tellement inspirantes. À force de faire des va–et-vient dans le roman, on s’attache énormément à elles, voire plus. Ce sont de beaux modèles, des femmes que l’histoire aura voulu oublier, qui ne se sont pas démontées pour autant. J’ai adoré lire les passages les concernant.

Finalement, ce roman possède une petite part de déception. Le résumé et le titre nous promettent quelque chose qui prend du temps à venir, et j’ai trouvé que cet événement venait trop tard. Il aurait mérité d’arriver avant et même d’être prolongé. Mais à part ça, on découvre des personnages authentiques, qui agissent pour le mieux, et qui ne sont pas égoïstes. Des belles rencontres et de belles évolutions.


Autrice : Fannie Flagg 
Éditeur : Pocket
Collection : Best
Parution : 7 avril 2016
Pages : 505
EAN-13 : 9782266260367

lundi 6 mars 2017

4 conseils pour s'organiser

Exemple d'une de mes semaines dans mon BuJo. Octobre 2016

Vous êtes nombreux à m’écrire pour connaître ma manière de m’organiser. Comment je trouve le temps pour faire tant de choses ? Comme je le disais déjà dans mon article sur les routines, tout est une question d’organisation. Il suffit de trouver un temps pour chaque chose, que ce soit de l’ordre du travail, du ménage, du plaisir ou de la famille. Si vous accordez du temps pour chacune de ces choses, et que vous étalez ça sur une semaine, vous verrez que du temps, vous en avez.

L’organisation, c’est un peu mon dada, chacun son truc. Si je peux vous apporter quelques pistes, tant mieux. Sinon, tant pis. Qu’importe le système d’organisation que vous utilisez (agenda ou bullet journal, listes ou cahiers), du moment qu’il vous convient. De mon côté, je suis une adepte du bullet journal, mais je ne suis pas là pour vous en parler en détails. Car des débats pour ou contre ou des tutoriels, le net en regorge. Et je vous invite à vous renseigner un peu sur le principe si vous êtes curieux. Peut-être que cela vous conviendra, ou pas du tout. La seule chose dont je suis sûre, c’est que si vous vous dites déjà que le bullet journal est une perte de temps, car trop compliqué, et qu’il faut savoir bien écrire et bien dessiner… vous n’avez pas compris le concept de cet outil. Oui, c’est sûr que sur le net on trouvera d’abord les cahiers les mieux illustrés, mais à la base votre talent artistique n’entre pas dans l’équation. Mon écriture de médecin et moi pouvons vous l’assurer.
Le tout est de savoir comment vous vous organisez le mieux. Du moment que vous avez choisi le bon moyen pour vous, vous avez déjà fait un pas en avant.

P.S. Ne regardez pas si ce que vous utilisez est à la mode, ou écrit dans la même typo que votre voisin de palier. On s’en fout. Le but c’est de s’organiser !

Chouchouter votre environnement

Souvent, les gens perdent la motivation de s’organiser parce qu’ils ne le font pas de la bonne manière. C’est sûr, on préfère se caler dans son canapé et regarder une série ou bouquiner plutôt que d’écrire ce qu’on doit faire dans la journée. Si en plus nos tables (de salon, de salle à manger ou le bureau) sont encombrées par de la paperasse qui traîne, ça n’encourage pas vraiment. Et si vous commenciez par vous arranger un coin confortable pour créer cette organisation ? Un bureau bien rangé, des beaux stylos et une bonne musique pourraient certainement vous motiver un peu. Apportez une touche de couleur, grâce à des fleurs ou une photo qui vous tient à cœur. C’est votre endroit, il doit vous ressembler, et vous devez aimer venir y écrire.


5 minutes

C’est le temps qu’il vous faut par jour pour vous organiser. Que ce soit le matin ou le soir, prenez ces 5 petites minutes très au sérieux. Si vous en avez besoin, au début, n’hésitez pas à les noter dans votre planification de la journée : 5 minutes pour agencer ma journée.

Étalez vos tâches

Ne planifiez pas vos besognes sur un jour, étalez-les sur la semaine. Sept jours permettent de mieux s’organiser, et vous aurez justement plus de temps. Observez votre semaine, et ajoutez dans chaque journée autant de tâches contraignantes que de moments de détente. Si vous vous attelez à tous vos travaux le lundi, sans vous accorder d’instants de repos, le reste de la semaine sera certes plus calme, mais ce lundi vous aura lessivé, et vous n’attendrez qu’une chose : le week-end ! Je préfère largement en faire un peu tous les jours, et être sur un même taux d’activité toute la semaine. Mais c’est sûr, qu’éliminer le pire avant c’est encore mieux. Donc les choses que je ne me réjouis vraiment pas de faire, je les garde pour le lundi et le mardi, et plus la semaine avance, moins les besognes sont contraignantes. Ça marche aussi bien pour les tâches professionnelles, que ménagères ou administratives. Mettez tout dans le même panier, et faites-en un peu chaque jour.

Le code couleur

Ce système est très personnel, et je sais que beaucoup n’en voient pas l’utilité. J’aime beaucoup travailler mon bullet journal avec un code couleur. Car justement, sur la semaine, je vais pouvoir voir en un coup d’œil si les choses à faire sont bien réparties. Orange pour le professionnel. Bleu pour le personnel et la maison. Rose pour le blog et la chaîne. Le mieux, c’est quand chaque couleur est représentée dans une journée, et quand le week-end est uniquement bleu.

N’ayez plus peur de vous organiser, ou d’ouvrir votre agenda.
Une fois que la technique est trouvée, tenez-vous-y, et vous trouverez toujours du temps pour vous.
Certainement la plage horaire la plus importante de vos semaines.

samedi 4 mars 2017

Moi, Peter Pan

« – Tu pleures ?
Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage.
– Peter, répète-t-elle, tu pleures ? »


Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James M. Barrie, Michael Roch revisite le mythe du garçon qui ne veut pas grandir.

Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…


Mon avis

Michael Roch, c’est Kilke de la Brigadedu livre. Mais pas que ! Vu qu’il est aussi auteur. En début d’année, Treky m’a demandé si je voulais bien lire le prochain livre de Michael, Moi, Peter Pan. Alors, premièrement, je suis contente parce que j’ai lu un livre AVANT sa sortie (oui, ça ne m’arrive tellement jamais, que ça mérite d’être souligné), et en plus, je l’ai fait en une journée (118 pages en même temps tu me diras… c’était pas trop difficile comme challenge).

Clairement, si j’ai accepté à la base, c’est pour voir les liens avec le Peter Pan de James Barrie, lu il y a beaucoup trop longtemps. Les contes et les classiques de l’imaginaire ça me parle plutôt pas mal, et je voulais voir ce que ça donnait dans cette sorte de « suite ».
Moi, Peter Pan est un livre très poétique. Niveau style et plume on y est, et c’est du haut niveau (peut-être même trop pour moi). Pour être honnête, j’ai aimé ma lecture, mais il n’aurait pas fallu qu’elle soit plus longue. 118 pages, on était bien, plus, j’aurais fait une indigestion, je pense. La quatrième de couverture indique clairement le genre : contemplatif. Oh que oui ! C’est plein de belles références et de belles métaphores, mais il y en avait trop pour moi. Quand chaque scène, chaque mouvement ou objet est décrit de vingt façons différentes, je décroche.

Le fond même du roman est plutôt intéressant. C’est un très bon complément du classique, et je conseillerais grandement aux professeurs qui décident de travailler Peter Pan avec leurs élèves de prendre ce livre en bonus, et faire un traitement de texte dessus. Il y a plein de choses à en tirer. Et j’aurais sûrement apprécié avoir un prof avec qui le lire, et avoir des explications ou des liens concernant certains passages. J’aurais certainement plus apprécié ma lecture.
Ai-je vraiment compris ce livre ? Je ne suis pas sûre. J’ai relu certains passages deux fois pour être sûre, mais même comme ça, je ne suis pas convaincue d’avoir compris le message. Pour moi, on assiste ici à la recherche de soi de Peter. Entre son ombre, quelque chose, Clochette et les pirates, Peter Pan ne sait plus qui il est, et cherche vainement son cri, son lui profond. C’est une belle image pour un garçon perdu.

À lire quand on est passionné du classique. Un roman plein de références et d’images sur la vie.


Auteur : Michael Roch
Éditeur : Le peuple de Mü
Parution : 22 février 2017
Pages : 118
EAN-13 : 979-10-92961-60-7

jeudi 2 mars 2017

Beastly

Je suis un monstre. Pourtant, autrefois, j'étais le type parfait : grand, beau, riche et... atrocement méchant. Je n'aimais que moi et c'est pour cela qu'un sort m'a été jeté. Je suis devenu une bête difforme, velue, monstrueuse. Il me reste deux ans pour être aimé d'une jeune fille, sinon...

Ceci n'est pas un conte de fées. Mon histoire prend place aujourd'hui, en plein coeur de New York. J'espère que quelqu'un va venir à mon secours.


Mon avis

Il me semble que Nine m’avait offert ce livre pour notre swap. Et donc, si vous ne vous souvenez pas de ce swap, c’est parce qu’il date de plus de deux ans maintenant. Ce livre est bien trop ancien dans ma PAL ! Il était temps que je l’en sorte. Pour être honnête, en ce moment, le Young Adult ne me convient plus, ou du moins peu d’ouvrages arrivent à me séduire. J’ai commencé Beastly avec beaucoup de préjugés, et avec une très grande attente vu qu’il est une réécriture de mon conte préféré : La belle et la bête.

Je ne sais pas comment est la traduction de ce livre (Sortilège aux éditions Hachette, Black Moon), mais si vous avez envie de le lire en anglais, sachez qu’il est très accessible. Le vocabulaire est facile et la base de cette réécriture est connue de beaucoup, vous n’aurez donc aucune peine à suivre l’histoire. Peut-être qu’en français je l’aurais moins apprécié, car ne devant pas me concentrer sur la langue, j’aurais cherché les petits défauts avec plus d’acharnement.
Mais j’ai été très bon public pour cette version contemporaine de mon conte préféré. La manière dont l’autrice s’est approprié l’histoire m’a plu. Elle a su mélanger des éléments du classique et du dessin animé de Disney. Je ne cherchais pas à ce que ce soit vraiment crédible, j’avais juste envie de passer un bon moment autour de cette malédiction.

Kyle jouera le rôle du prince transformé en bête. Très porté sur le physique, il n’hésite pas à dénigrer tout le monde dans son école et sort avec la plus jolie fille. Quand il rencontre Kendra pour la première fois, il ne pense qu’à une chose : l’humilier, car elle n’est pas à son goût. Il aurait sûrement dû y réfléchir à deux fois avant de s’en prendre à elle. Kendra n’est autre qu’une sorcière, et pour donner une leçon au prince de New York, elle le change en bête. Kyle a deux ans pour aimer et se faire aimer en retour par quelqu’un, il retrouvera ainsi son apparence, sinon… il restera transformé en bête pour toujours.
Les personnages ne nous offrent pas beaucoup de surprises, tout simplement parce qu’ils reprennent le schéma de l’histoire que l’on connaît tous. Mais l’autrice a réussi à leur apporter cet air contemporain que je recherchais. Kyle est détestable, mais saura nous charmer par la suite. Sa manière de reconsidérer les autres et de s’intéresser à ce qu’ils sont au fond d’eux, et non à leur apparence, est touchante. Plus crédible également, car l’histoire se déroule sur deux ans, Kyle a du temps pour s’adapter à sa nouvelle vie, et reconnaître que la solution à sa malédiction n’est pas simple. Il y a bien sûr des petits couacs à mon goût. Comme dans le conte, la bête est un prince, ici Kyle est le fils d’un riche présentateur télé, l’argent coule à flots, et lui sera bien utile pour réaliser rapidement certains travaux nécessaires. Notamment l’aménagement de la chambre de Lindy, notre belle. Ce n’est pas un faux pas, car on se rapproche du conte. Mais pour une version contemporaine, j’aurais trouvé original que le prince ne soit pas si riche, et ne possède pas une carte de crédit illimitée. Son évolution m’a attendrie.
Lindy incarne bien la belle. Elle a un peu trop le sens du sacrifice selon moi. Sur ordre de son père, elle va se retrouver chez la bête sans avoir son mot à dire. Vu l’état du paternel, je n’aurais probablement pas été aussi gentille. Lindy est classique. Studieuse et ouverte d’esprit. Même si au départ, son amitié avec la bête n’est pas gagnée. Mais elle manque un peu de caractère. L’autrice aurait pu la rendre un peu plus déterminée et indépendante.

Mais à part ça, j’ai apprécié ma lecture. Il y a eu de très belles scènes, très romantiques quand on aime le genre. Et je pense que mes préjugés de base étaient infondés. Ou alors, je garde un étrange souvenir du film, qui ne ressemble finalement pas vraiment à ce que j’ai lu (il faudrait que je le revoie pour être sûre).
Mention spéciale pour la maison d’hiver et la bataille de boules de neige. Kyle, tu m’emmènes là-bas quand tu veux !


Autrice : Alex Flinn
Éditeur : Harper Collins
Collection : Harper Teen
Parution : 2 octobre 2007
Pages : 304
EAN-13 : 9780060874162

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